Paroles de Femmes : Judith Margolinas au micro d'Annette

 J'ai eu le plaisir d'être interviewée par Annette de Radio Arverne dans son émission Paroles de femmes le 14 février 2022.

Vous trouverez l'entretien disponible à l'écoute en deux parties (16 minutes et 9 minutes) et quelques extraits choisis classés par questions thématiques :

  • Quel est ton parcours initial?
  • Comment as-tu découvert l'énergétique?
  • Est-ce que tu prends toujours la douleur des gens?
  • Est-ce que tu peux travailler sur toi?
  • Comment tu travailles en tant qu'énergéticienne?
  • Combien il faut prévoir de séances avec toi?
  • Comment a évolué ta pratique d'énergéticienne?

Quelques paroles pour commencer...

"Ce qui m'a toujours intéressé c'est comprendre l'être humain à travers finalement son histoire au sens large, l'histoire de la famille, l'histoire de la société."

"Mais pas seulement le comprendre pour le plaisir, pour l'épingler comme un insecte sur le mur, mais pour l'aider à se transforme."

"J’ai pris conscience que je ressentais des choses que ne m'avaient pas dit les gens et que y avait des choses qui passaient par l'énergie."

"Je dirais que maintenant je me sens plus dans l'accompagnement des personnes."

"L'autonomie pour moi c'est très important à la fois dans ce que moi je veux apporter aux gens et dans eux leurs prises de conscience thérapeutique."

"Il y a des gens pour qui je peux être référent thérapeutique, quand ils sentent qu'ils sont coincés dans leurs vies, qu'ils ont utilisé toutes leurs ressources et que ça bloque toujours ils reviennent me voir."

"J'ai tendance à rencontrer les gens à des moments clés de leur vie."

"J'aime me laisser surprendre par les gens, c'est-à-dire que j'adore les histoires des gens."


Ecouter l'interview

Partie 1 : mon parcours initial, ma découverte de l'énergétique, l'ouverture de mon cabinet, ma pratique d'énergéticienne, ma gestion de l'énergie (16 min)

Partie 2 :  l'évolution de ma pratique, ce qu'elle m'apporte, mes projets (9 min)


Quel est ton parcours initial?

A: Alors le parcours sciences humaines, histoire, ergonomie, éducation à la santé. C'est très sérieux tout ça... On développe un petit peu le début? Histoire de vous situer? Allez c'est parti !

J: Oui histoire de me situer, alors comme ça on dirait que ça part un peu dans tous les sens on dirait.

Mais finalement ce qui m'a toujours intéressé, c'est comprendre l'être humain à travers finalement son histoire au sens large, l'histoire de la famille, l'histoire de la société.

Mais pas seulement le comprendre pour le plaisir, pour l'épingler comme un insecte sur le mur, mais pour l'aider à se transforme d'où l'ergonomie et aussi l'éducation à la santé.

 

A: D'accord alors la fin des études c'était quand?

J: Alors la fin des études c'était en 2014 j'ai terminé mon master d'ergonomie en juin.

Ça faisait trois ans que je me disais, mais ça pourrait être intéressant de tenter l'aventure d'ouvrir un cabinet [d'énergétique]. Et puis finalement je me suis lancée au mois de septembre [2014].

Finalement m'occuper des personnes ça m'a paru plus judicieux vu ce que je peux apporter […]

J'ai ce côté aussi à la fois indépendant, entrepreneur et je pense que je suis aussi meilleure dans le relationnel individuel. [...]

Pour moi la question de l'aide à la personne c'est important.

Comment as-tu découvert l'énergétique?

A: Alors en 2012 vous massiez des gens, vous les soulagiez, mais vous preniez leurs douleurs est-ce que vous pouvez nous expliquer ça? Ce passage ?

J: […] En fait moi j'ai toujours adoré masser même si actuellement je ne le fais pas dans mon travail et […] c'est comme ça que j'ai pris conscience que je ressentais des choses particulières.

Parce que en fait l'énergétique faut se dire une chose c'est que les gens qui ressentent ces choses-là ils se disent pas waouh j'ai des supers pouvoirs, je sens des choses particulières!

C'est finalement avec l'âge qu'on se dit tient les gens ne sentent pas les mêmes choses que moi tient je suis différent.[…]

J’ai pris conscience que je ressentais des choses que m'avaient pas dit les gens et que y avait des choses qui passaient par l'énergie et c'est vrai que c'est à partir de là que mon cheminement a commencé, un travail sur moi, à me former. […]

 

En 2012 je continue un peu mon côté expérimental et j'ai commencé à prendre la douleur des gens.

Et là je me suis dis alors là c'est pas très marrant, moi ça me faisait des fourmillements au niveau de la main, j'étais fatiguée, j'étais pas bien.

Et je me suis dis y a des gens c'est leur travail, ils font ça tous les jours, c'est pas possible doit y avoir des solutions! Eux ils s'occupent de tas de personnes dans la journée ils finissent pas couchés. [rires] Il doit y avoir des techniques.

 

Et à partir de là j'ai commencé à comprendre déjà une chose essentielle c'est que en fait je prenais la douleur des gens sur moi et en fait ça faut pas du tout le faire.

Parce qu'après des fois les gens disent oui faut prendre et après faut relâcher. Mais non en fait quand vous trempez une éponge dans une peinture rouge et que vous appuyez dessus elle est rouge l'éponge quand même. […]

L'idée c'est d'être canal quand on fait ça, ben c'est l'image du tuyau quoi voilà, c'est-à-dire que l'énergie passe juste par soi. […]

Est-ce que tu prends toujours la douleur des gens?

A: D'accord, c'est le petit truc. Du coup ben vous recevez plus de souffrances maintenant? Vous arrivez à les canaliser? Les gérer ?

 J: […] Au début quand on est jeune thérapeute on a pas beaucoup de patients. [rires] Et […] comme je pense tous les boulots passionnels où on est impliqué dans de l'humain on pense aux gens après.  On a du mal à s'en défaire et on se sent très investi. On se sent potentiellement blessé quand on a l'impression que on a fait quelque chose qui allait pas.

 

Là maintenant je dirais que je suis beaucoup plus juste dans ma posture et que quand je ferme la porte du cabinet c'est fini.

C’est-à-dire qu’il y a des histoires de gens dont je peux me sentir plus proche, mais ça me suit plus en dehors comme ça pouvait me suivre avant. […]

 

Une fois on m'a demandé, mais est-ce que vous n’en avez pas marre? Est-ce que vous n’êtes pas plus apathique finalement par rapport aux personnes?

Et en fait non c'est-à-dire que moi j'aime me laisser surprendre par les gens. C'est-à-dire que j'adore les histoires des gens.

 

Par contre des fois derrière je vais me dire bon j'ai fait de telle manière mais en fait ça aurait peut être été mieux autrement, ou ce que m'a dit la personne ça m'interroge j'ai envie de chercher comment s'occuper de ces choses-là. [....]

Des fois en consultation ce qui m'arrive c'est que je me rends compte quand je parle avec la personne que ça la concerne, mais me concerne aussi. Je me dis attention ne te mélanges pas entre elle et toi. Ou je me dis ça après il va falloir que tu t'en occupes. 

Est-ce que tu peux travailler sur toi?

A: D'accord parce que vous ne pouvez pas travailler sur vous finalement? Vous avez besoin de l'aide d'autrui pour vous travailler sur vous? Sur les choses qui vous embêtent? Qui vous ennuient?

J: Alors oui et non c'est-à-dire qu'à force y a des choses que j'arrive à faire par moi-même. J'arrive déjà à mieux identifier par moi-même, avoir conscience de ce qui se passe.

Après y a des choses que j'arrive à faire par moi-même, parce qu'il y a des techniques que je peux appliquer à moi-même,.

 

Généralement dans un premier temps j'essaye par moi-même, j'arrive à ma limite et là je me dis là il faut que j'aille voir quelqu'un.

Donc c'est un peu les deux, c'est-à-dire que y a des choses que, qu'on arrive à faire soi-même et puis y a des choses où on a besoin d'aide parce qu'on est pris dans la situation. [...] Je suis suivie par une réflexologue, une micro kiné.

Comment tu travailles en tant qu'énergéticienne?

Alors la pratique elle se fait en deux temps par la parole et l'apposition des mains est-ce que vous voulez nous les développer toutes les deux?

 J: Oui alors moi je travaille beaucoup sur tout ce qui est mémoires en fait, libération des traumatismes, libération des émotions qui peuvent être récentes […] quelqu'un qui a rompu deux jours avant, comme [des mémoires] anciennes parce que des fois y a des choses on remarque que dans la famille c'est pareil, y a des choses qui peuvent revenir en boucle.

Justement la partie où je parle avec la personne c'est aussi une écoute énergétique.

 

C'est finalement faire du lien entre les événements et arriver à saisir ce qui est important et les éléments qu'il va falloir travailler, sachant que c'est pas du tout que mental.

Une personne peut me dire son père s'est suicidé et que je me dise c'est réglé, parce que en énergie, en émotion c'est ok et que la personne me dise mon chien est mort et que je me dise ah ouais non ça va pas du tout y a un grand nœud là il va falloir s'en occuper.

Donc c'est aussi une écoute intuitive.

 

Et après la partie où j'appose les mains alors là c'est l'inverse de la première partie je ne parle pas du tout.

La personne est allongée sur la table, elle est couverte et là j'appose les mains donc je ne touche pas du tout la personne.

Et là je vais travailler justement en énergie, alors ça se passe en deux phases le process une première phase qui est la libération donc là ça va être la libération des mémoires.

 

Je travaille avec différentes méthodes que j'ai intégrées issue alors à la fois de méthodes inspirées de la micro kiné aussi sur tout ce qui est travail sur la famille donc issue plutôt de la branche des constellations familiales.

Ça va dépendre des personnes aussi, le besoin qu'il y a et après ça va être une fois que ce travail libératoire est fait un travail de Réharmonisation donc sur l'ensemble des chakras, des corps.

Mais d'abord c'est la libération et ensuite c'est la Réharmonisation sachant que là moi je mets vraiment plus en ouverture et en intuitif.

 C'est-à-dire que je sais que je vais suivre quand même, enfin y a des choses que je vais toujours faire comme d'harmoniser les chakras mais y a une grosse par intuitive et vision dans ce qui se passe dans ce moment-là.

Combien il faut prévoir de séances avec toi?

A: [...] Est-ce que par exemple pour le même problème vous pouvez quantifier le nombre de séance? C'est une séance? Deux séances? Trois séances? C'est en fonction? C'est comment la personne a avancé? Comment vous pouvez le quantifier ça?

 J: Alors moi les séances que je fais j'ai envie de dire sont autonomes au sens où dans une séance on va faire un ensemble.

J'aime bien dire je fais ce qui me semble juste au moment où je vois las personne par rapport au moment où elle en est et où j'en suis. C'est-à-dire qu’on va traiter un ensemble.

 

Y a des collègues […] qui vont dire on a des protocoles de quatre séances, des fois mêmes y compris rapprochées, mais moi ça ne fonctionne pas comme ça. C'est-à-dire que si quelqu'un me dit je viens de rompre là je suis vraiment mal je vais pas lui dire bon écoutez on va faire un petit bout dans cette séance, on en refait un petit bout la semaine prochaine et la semaine d'après.

 

Je ne reçois personne à moins d'un mois et généralement les gens reviennent pas avant plutôt trois mois parce qu'en fait c'est assez conséquent.

Moi je travaille plutôt sur la structure, sur le fond.

Donc après j'ai tendance à dire aux gens vous revenez quand vous sentez que vous êtes prêts à continuer parce que ça moi je ne peux pas le savoir. [.

 

A: C'est vraiment à la demande ils ne sont pas obligés de réitérer le rendez-vous.

J: Non l'autonomie pour moi c'est très important à la fois dans ce que moi je veux apporter aux gens et dans eux leurs prises de conscience thérapeutique.

 

Y a des gens pour qui je peux être référent thérapeutique au sens où quand ils sentent qu'ils sont coincés dans leurs vies, qu'ils ont utilisé toutes leurs ressources et que ça bloquent toujours ils reviennent me voir.

 

Donc c'est le cas d'une partie de ma patientèle et y a des gens ils viennent me voir à un moment T pour une problématique et après c'est terminé. Donc ça des fois c'est une, deux, trois séances. Par contre des fois à la fin de la séance je dis à la personne bon nous on a fait ça, il reste ça.

Comment a évolué ta pratique d'énergéticienne?

A: [Vous avez commencé en 2014] qu’est-ce que ça vous apporte sur toutes ces années au début, au milieu et maintenant? Y a dû y avoir une progression?

 J: Alors au début je dirais ce que m'a apporté l'activité finalement c'est beaucoup de curiosité.

Une recherche d'absolu que j'avais pas mal au début c'était de trouver un peu des méthodes qui pouvaient être efficaces et surtout globales. C'est-à-dire de ne pas avoir tout le temps la même chose qui revienne.

Après je pense aussi que quand on est jeune, j'avais dû coup vingt-cinq ans quand j'ai ouvert mon cabinet on a un peu cet idéal d'absolu aussi. [....]

Donc […] grande curiosité vis-à-vis de tout ce qui était énergétique […] j'étais très curieuse de plein de choses, de tout ce qui pouvait exister.

 

Donc au début je dirais que je rencontrais plutôt les gens qui avaient des problématiques lourdes voire très lourdes, des problématiques d'incestes, donc j'étais vraiment sur des problématiques très complexes et très lourdes, ce qui m'a amené familialement dans mes problématiques à travailler sur des gros dossiers.

 

Et puis après j'ai vraiment saturé à un moment donné. […] J’ai eu besoin de mettre de la distance par rapport à ça et aussi par rapport à l'énergétique. Enfin par rapport à ce milieu plus exactement je me suis rendue compte que y avait des choses très belles, très intéressantes mais aussi des choses avec lesquelles moi je n’étais pas en accord.

 

Donc je pense que la deuxième période a vraiment été la période finalement où j'ai plus trouvé ma place et où là j'ai plus le désir de la transmission de voir aussi à des choses plus concrètes et plus justes dans la place.

 

Je dirais que maintenant je me sens plus dans l'accompagnement des personnes. [...] J'ai tendance à rencontrer les gens à des moments clés de leur vie.

Avant j'avais plutôt sur le passé, des problématiques du passé maintenant j'ai plutôt l'impression pour moi-même et au niveau des personnes d'accompagner vers l'avenir plus et de plus être dans le désir de transmission de quelque chose qui est plus simple, plus posé, plus efficace aussi.