Les petits bonhommes allumettes est une technique mise au point par Jacques Martel, qu'il développe en détail dans les deux vidéos en bas de la page.

J'ai rajouté à la fin de l'exercice quelques réflexions complémentaires inspirées des constellations familiales.

 

À quoi ça sert?

Travailler sur les liens d'attachement (de dépendance) que nous développons vis-à-vis des autres (personnes vivantes ou décédées), des biens, des situations et de soi-même.

L'objectif de cette méthode est de couper les liens qui n'ont pas/plus lieu d'être et non de se couper de la personne (ou autre situation)

Nous avons tous tendance lorsque nous avons des enjeux personnels forts à créer ces liens d'attachements, à vouloir établir un contrôle sur nos relations, les situations en cherchant (consciemment ou inconsciemment) à les orienter vers ce qui nous semble être le meilleur.

Il s'agit d'un phénomène naturel dû à des blessures, des peurs (ex: abandon, mort, pauvreté, manque, perte de l'amour...). Par ailleurs, notre société a tendance à valoriser certains comportements d'attachement (ex: contrôle exercé sur le conjoint, les enfants, la carrière...) en les assimilant à des phénomènes normaux, voire souhaitables (ex: preuves d'amour, d'attention...) alors qu'ils conduisent à nous restreindre, bloquer les situations et produire des comportements non désirés (ex: étouffer l'être aimé par un comportement jaloux excessif).

 

Que peut-on gagner à se libérer des liens d'attachements ?

Favoriser le détachement vis-à-vis de certaines situations douloureuses (ex: conflits, deuils, séparations...), amélioration des relations interpersonnelles (ex: amoureuses, familiales...).

En règle général, les situations qui sont bonnes pour nous vont avoir tendance à s'améliorer et celles qui ne le sont pas vont à avoir tendance à s'éloigner de nous.

Ex: Le meilleur pour deux personnes en couple peut être de rester ensemble ou de se séparer.

Cette technique permet de rétablir davantage de liberté, d'amour dans nos vies, de favoriser la réalisation de ce qui est juste pour nous et pour les autres.

 

Dans quels cas faire les bonhommes allumettes ?

Ils peuvent être fait dans différents cas, il est important de toujours les faire vis-à-vis de soi-même (et uniquement de soi-même, pas pour d'autres personnes). 

Après on peut le faire par rapport à soi-même et :

  • une personne vivante ou décédée avec laquelle on a (eu) un lien plus ou moins fort et avec laquelle on se sent en difficulté (ex: membre de la famille, ex-conjoints, relations amicales, de travail...)
  • un lieu en particulier dans lequel on a vécu ou dans lequel on (veut) vivre, on peut spécifier ce qui a été vécu dans ce lieu (ex: vie de couple à telle adresse) si cela semble pertinent
  • un animal vivant ou décédé 
  • une situation, à décrire la situation de manière simple, précise (ex: projet de création de telle entreprise)
  • soi-même, dans ce cas-là on peut mettre soi deux opposés (ex: son nom en colère/ son nom calme, son nom en bonne santé/son nom malade), ou à différents moments de sa vie (ex: son nom avec âge actuel ou maintenant ou date/ son nom avec âge antérieur ou date) si on sent que c'est en rapport avec la difficulté ressentie 

Comment faire les bonhommes allumettes ?

1 Je me dessine et je mets mon prénom et la première lettre de mon nom en bas du dessin.

Je ne peux réaliser les bonhommes allumettes que de moi-même à une autre personne ou situation.

Je ne peux effectuer cette technique à la place d'autres personnes. Je ne peux, par exemple, pas faire les bonhommes allumettes pour ma fille et son copain. Je peux, en revanche, les faire vis-à-vis de moi-même et ma fille, puis vis-à-vis de moi-même et du copain de ma fille, ce qui me permet d'agir sur ce qui me gêne personnellement dans cette situation.

Le fait d'effectuer les bonhommes allumettes à la place d'autres personnes est un acte grave. Chacun suit son cheminement personnel, nous nous devons de le respecter. Vouloir interférer, influencer l'autre dans le sens qui nous parait le meilleur ne peut avoir un effet bénéfique. Il est révélateur de notre désir de contrôle, de pouvoir.

2 Je dessine l'autre personne et je mets son prénom et la première lettre de son nom en bas du dessin.

Quand je travaille sur une situation ou un bien immobilier, je dessine un rectangle et j'écris à l'intérieur de ce rectangle ce qu'il symbolise (ex: la vente de ma maison, mon contrat de divorce avec X, le meilleur emploi pour moi, les difficultés dans mon travail...). Je peux nommer de manière précise la situation sur laquelle je veux travailler.

Quand je travaille sur moi-même j'écris sous le premier bonhomme le nom de la première facette ou qualité (ex: son nom + Yin, flexible, maintenant...) et sous le deuxième bonhomme la deuxième facette ou défaut (ex: son nom + Yang, rigide, à tel âge...) de moi-même que je veux travailler.

3 Je fais un cercle de Lumière autour de moi en dessinant des rayons de Lumière.

Je souhaite le meilleur pour moi, sans intention. Je ne sais pas ce qui est le meilleur pour moi.

4 Je fais un cercle de lumière avec des rayons de Lumière autour de l'autre.

Je veux le meilleur pour l'autre, même si c'est quelqu'un que je n'aime pas.

5 Je fais un cercle de Lumière avec des rayons de Lumière autour des deux personnes.

Je souhaite le meilleur pour les deux sans intention. Le meilleur pour deux personnes en couples peut parfois être de se séparer.

6 Je dessine les liens d'attachements conscients ou inconscients entre les personnes en reliant leurs chakras.

Je peux utiliser, si je le souhaite, des couleurs correspondant aux chakras pour les relier.

Lorsque je symbolise une situation par un rectangle je considère qu'elle a des chakras au même titre qu'un être humain.

7 Je coupe les lignes d'attachements conscientes ou inconscientes entre les deux personnes. Je dis : merci, c'est fait.

Je peux couper ma feuille avec des ciseaux ou en la déchirant.

Après cette étape, il est intéressant d'observer ce que nous ressentons.

Les papiers peuvent ensuite être jetés, brûlés ou enterrés en fonction de votre ressenti et de la situation sur laquelle vous travaillez.

Si vous brûlez les papiers, je vous recommande d'utiliser un pic pour saisir vos bouts de papier, de les brûler au-dessus d'un récipient, d'observer la manière dont brûlent les papiers (bien? mal?...) et votre ressenti.

 

Si vous en ressentez le besoin vous pouvez refaire les bonhommes allumettes avec la même personne. Vous pouvez également écrire une lettre avant de faire les bonhommes allumettes, si vous avez besoin d'exprimer les ressentis que vous avez pu avoir. Il peut être également important de rendre à la personne ce qui lui appartient (ex: sa responsabilité, colère) et de reprendre ce qui nous appartient.

 

Vous pouvez faire plusieurs bonhommes allumettes à la suite, en particulier lorsque vous travailler une thématique (ex: la famille, les ex...), ou si vous sentez que le lien d'attachement sur lequel vous venez de travailler fait écho à une autre personne ou situation. Si c'est le cas je vous recommande de bien finir le bonhomme allumette que vous avez réalisée (jeter ou brûler les papiers) afin d'aller jusqu'au bout du processus et de ne pas brûler tous vos bonhommes allumettes ensemble après en avoir effectué plusieurs.

 

Si une situation sur laquelle vous travaillez ne se libère pas c'est certainement qu'il y a des liens puissants en particulier de fidélité (personnelle, familiale, karmique), des situations non résolues qui maintient ces liens d'attachements et nécessitent un travail spécifique.

 

Réflexions complémentaires inspirées des constellations familiales :

Si la personne avec laquelle vous travailler a été exclu, renié (par vous, votre famille) il est très important de lui dire : je te reconnais, je t'honore et, si besoin, je te laisse partir avec amour.

Nous ne pouvons porter que notre propre destin, mais nous pouvons honorer celui des autres et reconnaître que nous avons fait certaines choses par amour pour l'autre (ex: j'ai pris ta détresse par amour pour toi), parce que nous ne savions pas faire autrement.


Références utiles :

 

Bourbeau Lise, Les cinq blessures qui empêchent d'être soi-même, éditions ETC, 2000 (explication des blessures de rejet, abandon, trahison, injustice, humiliation)

Hellinger Bert et Ten Hövel Gabriele, Constellations familiales comprendre les mécanismes des pathologies familiales, Le souffle d'or, 2001 (interview)

Martel Jacques, Atma, le pouvoir de l'amour, Comment retrouver le potentiel de vie en soi, Atma Inc, 2007 (bonhommes allumettes et autres techniques)

Salomé Jacques, Contes à aimer contes à s'aimer, Le livre de poche, 2008 (contes philosophiques pour petits et grands)